(toutes les citations viennent du site de VO News)

  • Soumaré : Pécresse « condamne l'initiative » de Delattre : Valérie Pécresse souligne que dès la diffusion du communiqué de Monsieur Delattre sur Ali Soumaré, elle avait demandé que toute la vérité soit faite et s’était engagée à condamner ces propos s’ils étaient entachés de la moindre inexactitude. Conclusion ? Pour Valérie Pécresse, il est parfaitement correct dans une campagne politique d'attaquer directement son adversaire, par exemple en évoquant des condamnations prescrites, ou en le qualifiant de délinquant multirécidiviste, au lieu de défendre son propre programme. Se faire élire par le vide plutôt que par la qualité de sa vision de l'avenir (tant que les journaux parlent de vous…) ;
  • Francis Delattre présente à Ali Soumaré « ses excuses publiques pour cette erreur » : Monsieur Francis Delattre présente à Monsieur Ali Soumaré ses excuses publiques pour cette erreur indique le communiqué qui insiste sur l’existence et la nature des quatre autres événements qui sont confirmées.. J'ai même pas envie de m'abaisser à commenter ça tiens… ;
  • La campagne de Valérie Pécresse engluée dans « l’initiative » du maire de Franconville : Je regrette clairement qu'on ait pu porter des accusations erronées contre M. Soumaré, poursuit Axel Poniatowski. Il est certain que son passé judiciaire n'est pas aussi lourd que ce que l'on pouvait penser. Il n'en reste pas moins que M. Soumaré est un personnage obscur… Et rien sur son programme ? Il est obscur aussi ? Ou alors il n'a pas encore été lu, puisqu'il a fallu éplucher le STIC (un fichier policier à l'origine complètement illégale et qui comporte maintenant 83% d'erreurs…) ;
  • Affaire Soumaré : « Les électeurs ont droit à la vérité » selon les députés UMP Bodin et Mothron : Cet article est un festival, en tout juste 4 paragraphes…
    • Au nom de la priorité à l’honnêteté et à la transparence en politique, les deux députés UMP du Val d’Oise, Claude Bodin et Georges Mothron, indiquent qu’il est légitime que les électeurs sachent pour qui ils votent. Personne ne peut contester cela ajoutent-ils.. Est-ce à dire que ces deux députés vont distribuer avec leurs programmes leur casier judiciaire, relevés bancaires, feuilles d'impôts, une biographie extensive et une liste d'auteurs ou d'artistes qu'ils apprécient particulièrement, avec pour chacun une rapide monographie de ce qu'ils leurs apportent, et des interview de leurs conjoints et amant(e)s ? En quoi cela permettrait-il de savoir pour qui ils vont ou ne pas voter ? Ce que je trouve choquant pour ma part, c'est que deux députés voient un élection comme un casting ou un recrutement alors qu'il devrait s'agir d'un débat d'idées et une comparaison de programmes (et j'ajouterais : si, tout électeur sensé contesterait cette déclaration) ;
    • Cacher et tenter de dénaturer le débat est déjà une trahison des électeurs qui n'est pas acceptable. Ah ! Là par contre je suis entièrement d'accord avec eux ! Mais je crois que nous ne parlons pas des même personnes ;
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  • Il y a aussi quand même une mention spéciale pour Mr Ali Soumaré, qui ne fait pas mieux que les autres (mais avec des termes mesurés) : le seul verdict qui compte c'est le 14 et 21 mars, pour sanctionner la droite.. Ah bon. Donc, faire gagner ses idée, ça ne compte pas. Par contre, battre ceux d'en face, ça oui, c'est important. Je ne me présente pas pour que mes idées gagnent, je me présente pour que ceux d'en face perdent. Et une fois élu ? On verra bien ;
  • Et un petit dernier pour la route : Soumaré : Arnaud Bazin (UVO) dénonce « une faute lourde » de Francis Delattre (vidéo) : Si on considère les résultats de cette prise de position, ça ressemble fortement à un accident industriel ou à une faute lourde. L'image de la droite départementale, régionale et nationale est brouillée, estime Arnaud Bazin. Une des conséquences évidemment c'est que cette affaire sera reprochée en permanence dans le débat départemental par la gauche à Francis Delattre. Parce que bon, si les résultats avaient été ceux attendus, là c'était bon, on pouvait se permettre de trainer dans la boue un adversaire. Là ça n'a pas marché, c'est regrettable (et j'aime beaucoup les références au monde industriel et du travail, qui, entre autres, se permet de polluer tant que ça ne se sait pas trop vite). Et dans la suite de la vidéo, il critique la gestion passée de la région, mais ne parle pas de ses solutions. Bon.

Par contre, tout n'est pas si noir, bravo au maire de Taverny qui réussi à ne pas rejoindre les autres dans la fange et reste mesuré (sauf pour le terme de barbouzes, mais c'est véniel).

Un petit commentaire quand même quand au passé judiciaire d'Ali Soumaré et ses conséquences : le législateur (autrement dit, les députés, dont sont MM Claude Bodin et Georges Mothron) à prévu, dans certains cas, de permettre au juge de prononcer une peine complémentaire d'inéligibilité. Si elle existe, c'est bien que certains crimes ou délits entachent l'honneur et la réputation d'un homme d'une manière telle qu'il ne lui est plus possible de se présenter devant le peuple à une élection. Et donc que tant qu'une telle peine n'est pas prononcée, rien ne devrait l'interdire, pas même le désir d'enfoncer un adversaire pour gagner par défaut plutôt que sur la qualité d'un programme.

Enfin, quelques mots sur les possibles raisons de cette dérive populiste et démagogique (et je vous invite à aller lire le commentaire de Frank Taillandier sur le billet précédent à ce sujet). Il y a, je crois, un désintérêt de la chose publique. D'une part parce qu'il est de moins en moins facile de constater les effets d'une politique publique réussie (ou ratée), parce que les médias en parlent peu, parce que les politiques sont très prompts et doués pour se dédouanner (c'est l'Europe, C'est la crise, c'est la mondialisation), d'autre part parce que les gens qui ont un désir d'améliorer globalement la situation sont de plus en plus rares dans les plus de 25 ans, ils vont rarement au delà d'une envie toxique de pouvoir consommer (nouvelle voiture, nouvelle console, nouvel « amour », nouvelle sexualité — explosion du marché des sex-toys —, nouvelles destination de vacances), mais il n'y a plus de désir d'une liberté, d'une fraternité, ou d'un égalité nationale ou mondiale. Ils considèrent que chacun à droit au bonheur (s'il le peut), mais pas que tous y ont droit (et c'est le travail de chacun). Et il manque aussi les outils statistiques permettant de constater des progrès.

Autant le calcul du PIB ou du PNB est parfaitement maîtriser (et on sait que ces chiffres se construisent sur toujours plus de consommation et de consummation), autant la mesure du Bonheur Mondial Brut est encore balbutiante, ou encore l'idée du revenu de vie.

Je me demande aussi s'il ne serait pas possible de créer un délit de mensonge électoral qui sanctionnerait une promesse électorale non-tenue, ou une politipédia qui recenserait ces dernières et listerait les mesures mises en place et leurs effets…