L'opposition des syndicats au service Minimum dans les transports
Par Olivier Gendrin le mardi, juin 28 2005, 17:12 - Réflexions - Lien permanent
S'il y a quelque chose que je ne comprends pas avec cette histoire de service minimum dans les transports, c'est bien l'opposition des syndicats. En effet, de quoi parle-t-on ? Il s'agit pour la SNCF et la RATP de veiller à ce qu'une certaine proportion du traffic soit assurée en cas de grève (environ la moitié je crois). Et si l'objectif n'est pas atteint, les deux sociétés doivent s'acquitter de pénalités financières (jusqu'à 300 000 euros pour la SNCF et 700 000 euros pour la RATP
). Il me semble que cette question des pénalités financières ne fait que renforcer le pouvoir des syndicats sur leur direction, puisque le coût induit par la grève pour l'entreprise augmente. Je ne comprends donc pas l'opposition farouche des syndicats, puisque rien ne les contraints, eux (Il s'agit d'un engagement de la direction à faire le mieux possible le jour de grève pour assurer une bonne information
).
Commentaires
La réponse est simple : la direction va sortir son accord à la moindre grève et faire porter les éventuelles sanctions financières sur els grévistes...
Il n'y a à ma connaissance pas de base légale pour ça. Et dans ce cas là, je pense que ça remettrait en cause le droit de grève...
Les pressions dans les entreprises sont souvent en dehors de toutes légalités, mais comme on dit "pas vue, pas prit !"
Ca peut paraitre bizarre comme ca au premier abord, mais l'objectif d'une grève, c'est quand même de bloquer l'activité pour se faire entendre. Que les raisons de faire greve soient légitimes ou pas, c'est un autre problème (après tout, les médias ont surement raison de nous faire avaler que les cheminots sont des nantis aux conditions de travail formidables, avec une vie remplie de privilèges, de joie et de bonheur, et que vu qu'à coté c'est pire, ils devraient pas trop l'ouvrir. Mais je digresse).
Et à bien y regarder, même pendant la grève, en général il y a toujours quelques irréductibles pour faire tourner la machine. Sauf si vraiment rien ne va plus, mais si on en arrive dans de telles extrêmes, je pense que "grève" n'est plus le mot approprié pour décrire la situation.
Par extension, forcer un service minimum légal, qui existe de toute façon dans les faits, c'est suremetn percu par ces défenseurs des énormes privilèges dont disposent les nantis sus-nommés, que sont les syndicats, comme un premier pas vers la remise en cause du droit de grève.
Et menacer de contraintes financières des entreprises publiques (pour les pinailleurs, EPIC, Etablissement Public a caractère Industriel et Commercial) que sont la RATP et la SNCF, c'est un peut stupide : qui va payer? l'entreprise, donc l'état par extension, et donc le commun des mortels, même celui qui prend sa voiture pour aller acheter une baguette? ou l'usager, en prenant ce prétexte pour augmenter encore une fois les tarifs? (à priori, les salariés n'ont pas à payer pour ca, pour peu que la grève soit faite dans les formes).
Peut-être devrait-on alors faire comme en Angleterre, et privatiser les transports. Pour arriver à un nombre d'accident faramineux, faute d'entretien des lignes non rentables, de manque de coordination entre les concurrents (et pourtant, dans les transports, la coordination, c'est utile), ou à avoir 4 jeux de rails pour la même ligne, pour que les concurrents puissent passer par le même endroit sans avoir à utiliser les mêmes rails?
Au moins, en Angleterre, ils n'ont pas autant de problèmes de grève.